Chaque visage est le Sinaï d'où procède la voix qui interdit le meurtre - Lévinas

Le transfert chez Lacan

Le transfert selon Lacan ou le transfert chez Lacan ?

 

Le transfert en psychanalyse autrement:





Voici un florilège de citations qui donnent une idée de la façon dont le transfert pouvait être envisagé, pour Lacan, dans le cadre de ses séminaires.

Nous les introduisons par quelques propos de Richard Abibon, qui, dans le cadre de ses recherches, a eu l'occasion et la bonne idée de les recueillir et de les rassembler...





Le vision du transfert auquel il invite à travers “un rapide parcours des nombreuses références possibles”, comme il le dit lui-même, chez Lacan, permet de l'envisager dans toute l'étrange complexité que suppose une relation sensée se jouer entre deux sujets...



 

Pour introduire ce recueil de citations:

 



"Il est facile de dire ou de faire dire la chose et son contraire si on se cantonne à la théorie.(...) Au contraire de toutes les autres disciplines, l’analyse se caractérise de la découverte par Freud du transfert et à sa réactualisation inverse par Lacan : « il n’est de transfert que de l’analyste ». C’est une formule qu’on a peu commentée, mais qui ne m’en apparaît pas moins essentielle quant à se situer au sein du champ analytique.

Je rappelle ici ma façon de la lire : le transfert n’est pas un sentiment erroné attribuable à l’analysant, il est le moteur essentiel de la cure comme lien, nœud entre les deux protagonistes. Il est ce qui se passe entre les deux. Mais l’avancée de Lacan, c’est aussi d’avoir mis en valeur l’instance essentielle du sujet de l’énonciation. Si l’analyste parle, et s’il parle à ses collègues, le sujet de l’énonciation, c’est lui. Et s’il parle d’une relation qu’il a eue avec un tiers, un analysant, celui-ci n’est pas là comme sujet de l’énonciation. Il n’y a donc aucune raison de prendre sa place. Au contraire, il s’agit pour moi de prendre en compte cette donnée essentielle, de ne pas se tromper de sujet de l’énonciation, et de parler du bout de transfert qui est le mien.  Comme l’a souligné Lacan a maintes reprises, la notion de contre transfert, le transfert du côté de l’analyste n’a pas lieu d’être : le transfert c’est ça, c’est le contre transfert.

Si , il faut que j'ajoute ceci : c'est aussi au travers du désir de l'anlayste que Lacan traite de cette question, sachant que le désir se définit d'être le désir du désir de l'autre. C’est là qu'on voit l'intérêt à ce que l'analyste s'interroge sur son propre désir, sachant aussi que le désir se définit d'être inconscient. L'interrogation en question ne saurait donc être ni docte, ni universitaire, mais le fait d'un travail d'analysant. "

 



Richard Abibon

  topologie


 

Les citations :

 



Écrits




p. 225 : « qu'est ce donc que le transfert ? (.)ne peut-on le considérer ici comme une entité toute relative au contre-transfert, défini comme la somme des préjugés, des passions , des embarras, voire de l'insuffisante information de l'analyste à tel moment du procès dialectique ?



« Nous croyons pourtant que le transfert a toujours le même sens, d'indiquer les moments d'errance et aussi d'orientation de l'analyste, . »(Ecrits p. 226)



 



595 : il n'y a d'autre résistance à l'analyse que celle de l'analyste lui-même




Le transfert

 



p. 137 Toute la théorie en fin de compte de ce qu'est l'analyste pendant l'analyse pour l'analysé - lequel [plan imaginaire] ne peut se concevoir sans une correcte position de ce que l'analyste lui-même occupe la position qu'il occupe par rapport au désir constitutif de l'analyse et ce avec quoi le sujet part dans l'analyse : qu'est-ce qu'il veut ?



L'angoisse




30 janvier 63 (p. 136 édition ALI)



qu'il s'agisse du pervers ou du psychotique, la relation du fantasme $­­­­­­ à a s'institue ainsi, c'est là que pour manier la relation transférentielle, nous avons, en effet, à prendre en nous à la façon d'un corps étranger, une incorporation dont nous sommes le patient.



Les 4 concepts fondamentaux




10 juin 64 p.213 . En tant que l'analyste est supposé savoir, il est supposé aussi partir à la rencontre du désir inconscient. C'est pourquoi je dis - je vous l'illustrerai la prochaine fois par un petit dessin topologique qui a déjà été au tableau - que le désir est l'axe, le pivot, le manche, le marteau, grâce à quoi s'applique l'élément force, l'inertie, qu'il y a derrière ce qui se formule d'abord, dans le discours du patient, en demande, à savoir, le transfert. L'axe, le point commun de cette double hache, c'est le désir de l'analyste, que je désigne ici comme une fonction essentielle. Et qu'on ne me dise pas que ce désir, je ne le nomme pas, car c'est précisément ce point qui n'est articulable que du rapport du désir au désir.



Ce rapport est interne. Le désir de l'homme, c'est le désir de l'Autre.
 



17 juin 64 p.229 : L'effet de transfert, c'est cet effet de tromperie en tant qu'il se répète présentement ici et maintenant.



Il n'est répétition de ce qui s'est passé de tel, que pour être de la même forme. Il n'est pas ectopie. Il n'est pas ombre des anciennes tromperies de l'amour. Il est isolation dans l'actuel de son fonctionnement pur de tromperie.



C'est pourquoi, derrière l'amour dit de transfert, nous pouvons dire que ce qu'il y a, c'est l'affirmation du lien du désir de l'analyste au désir du patient. C'est ce que Freud a traduit en une espèce de rapide escamotage, miroir aux alouettes, en disant - après tout, ce n'est que le désir du patient, - histoire de rassurer les confrères. C'est le désir du patient, oui, mais dans sa rencontre avec le désir de l'analyste.

  



Les non dupes errent
 



19 mars 74

 


dites n'importe quoi, ça touchera toujours au vrai. Si ça ne touche pas au votre, pourquoi ça ne toucherait-il pas au mien ? voilà le principe du discours analytique, et c'est en cela que j'ai dit quelque part- et à quelqu'un qui, ma foi, a fait un fort joli petit livre sur le transfert, c'est le nommé Michel Neyraut, en quoi je lui ai dit que, commencer comme il le fait par le « contre-transfert » ; si par là il veut dire : en quoi la vérité touche l'analyste lui-même il est sûrement dans la bonne voie puisque après tout, c'est la que le vrai prend son importance primaire, et que, comme je l'ai fait remarquer depuis longtemps, il n'y a qu'un transfert, c'est celui de l'analyste, et puisque  après tout, c'est lui le sujet supposé savoir. Il devrait bien savoir à quoi s'en tenir là-dessus, sur son rapport au savoir, jusqu'où il est régi par la structure inconsciente qui l'en sépare, de ce savoir, qui l'en sépare bien qu'en sachant un bout, et, je le souligne, autant par l'épreuve qu'il en a faite dans sa propre analyse, que par ce que mon dire peut lui en porter.



11 juin 1974 :



il y a une personne (.)c'est que tout est centré autour de ceci  qu'il voit se reproduire dans un de ses rêves une note à proprement parler sémantique - à savoir que ce n'est pas vraiment là comme noté, articulé, écrit - qu'il voit se reproduire dans un de ses rêves une note sémantique du rêve d'un de ses patients. Il a bien raison de foutre « connaissance » dans son titre.



Cette espèce de mise en covibration, en covibration sémiotique, en fin de compte, c'est pas étonnant qu'on appelle ça comme ça pudiquement le transfert. Et on a bien raison aussi de ne l'appeler que comme ça. Ca, je suis pour. Ce n'est pas l'amour, mais c'est l'amour au sens ordinaire, c'est l'amour tel qu'on se l'imagine.

 


RSI



15/04/75 : (p167, ALI) dans l'identification, (..)Il n'y a d'amour que de l'identification portant sur ce 4ème terme, à savoir le Nom-du-Père : il n'y a de transfert que de l'identification portant sur cette 4ème dimension, à savoir ce qui fait trou.


L'insu

 

19 avril 77



Il faut quand même soulever la question de savoir si la psychanalyse (.) ça n'est pas ce qu'on peut appeler un autisme à deux





Le transfert en psychanalyse

 

Réponse à Marion(Où la question du transfert est aussi abordée)

 

Petit propos sur le transfert d'Ignacio Gagaté Martinez

La question de Mirabelle(À la suite du petit propos)


La réponse à Mirabelle

Le transfert en psychanalyse sujet n° 16 sur le forum


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Psychanalyse en mouvement Préambule

 

09/01/2006
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