Chaque visage est le Sinaï d'où procède la voix qui interdit le meurtre - Lévinas

L'accomplissement et la question de la jouissance entre réel et imaginaire

« L’accomplissement et la question de la jouissance
entre réel et imaginaire »


12eme Université Jeanne LUQUET  

SFPA

Société Française de Psychanalyse Adlérienne

Du 20 mai au 23 mai 2009


Maison Diocésaine
226, rue de Bordeaux
ANGOULEME

 

 

Le sujet, confronté à la question de l’existence posée par le sentiment d’infériorité,  développe des stratégies  qui, pour compenser le manque, conditionnent le désir à des arrangements. Ces arrangements  soulagent le sujet de l’errance entre l’éthique égocentrée du Un et l’éthique communautaire. Ce soulagement, bien qu’illusoire, apparaît comme  indispensable à l’accomplissement du sujet dans et par l’altérité. Dès lors cet accomplissement se définit comme un aménagement une « obligation du sujet de l’inconscient » pour s’affranchir de son aliénation à l’autre autant que de son incomplétude originelle : «L’adaptation à des conditions de vie modifiées, nous dit Adler, ne se réalise donc pas en premier lieu grâce à une lutte pour la vie par la survie du momentanément plus fort, mais grâce à la variabilité et grâce à une tendance accrue  au développement… » Le développement en tant que dépassement et interpellation de l’actuel, interroge la question de l’existence et de l’attache cosmique or cette interrogation renvoie au nécessaire accomplissement du sujet et l’humain face à une jouissance insoumise au savoir.
 En quoi l’accomplissement n’est pas la jouissance et pourquoi la jouissance ne détermine pas l’accomplissement du sujet autant que l’altérité ne définit ou n’annule l’ipséité. Jouir c’est vivre mais vivre détermine-t-il pour autant notre accomplissement dans la jouissance ?
Si la 11emeUniversité précisait que « cette compensation du manque apparait dans le désir comme  intégrative de la réalité de l’autre, indispensable à la  compréhension du sens de l’existence », elle nous invitait, de fait, entre réel et imaginaire au traitement de la destinée du désir.
Cette destinée du désir serait-elle dans et par l’accomplissement ou dans et par la jouissance Telle sera entre autres débats la question que nous soumet la 12ème UNIVERSITE JEANNE LUQUET

                        Georges  MORMIN

 


QUI ET QUELS NOUS SOMMES ? ADMIRABLE QUESTION ?
AIMEE CESAIRE


MERCREDI 20 Mai 2009




17h/19h Accueil

19h30 Françoise LEBLANC
Ouverture

19h45 Les Psychodramatistes Institut Sud-ouest

Françoise HERNANDEZ, Leila HASSEN, Eric BERTHOMME et les Autres…
Accomplissement… Imaginaire… Jouissance…

20h L’atelier de la création
Inauguration

20h45 Dîner-débat


JEUDI 21 MAI 2009



9h15 Christelle DA MOTA
Introduction à la 12ème Université Jeanne LUQUET


                                         
Symposium I

De l’Homme à l’être, le lien

9h45 Yannick LE JAN
Chemin de vie

10h30 pause

10h 45 Anne-Marie MORMIN
La fonction de l’écriture chez les sujets traumatisés

11h30 L’Atelier de la création
Armelle HUARD, Emmanuel JACQUEL
Entre réel et imaginaire

L’Atelier Clinique I

14h Leila HASSEN
Introduction et présidente de séance

14h15 Chantal OLLIVIER 
Traumatisme incestueux ou l’interdit de jouir

15h Virginie MEGGLE
Sentiment d’infériorité et projections : entre réel et imaginaire, malaise dans la situation…

15 h45 Pause
16h15  Christèle SCHIANCHI-TERAZZI
Le masque entre stigmates et reconstruction


VENDREDI 22MAI 2009


Symposium II
De la distorsion sociale


9h15 Sonia PAGEAUD
 Introduction et président de séance

9h30 Eric BERTHOMME
A l’origine : De la théogonie au Big Bang. Jouir c’est exister

10h15 Messaouda MOUROUX
Condition de l’homme moderne
…entre objectivité et subjectivité

11h pause

11h 30 Georges MORMIN
 Du sens de l’existence : la vie humaine


L’Atelier Clinique II


14h Sandrine COUPAUD
Introduction et Présidente de séance

14h15 Janine ROY
La question du réel dans l’accomplissement du sujet

15h Claudine VOISIN
De l’identité antillaise

15h45 pause

16h15 Georges ENOS
Bien vieillir c’est s’accomplir dans la jouissance


SAMEDI 23 MAI 2009

L’Atelier Clinique III

9h 15 Céline AUGER
Introduction et présidente de séance

9h30 Bernard GUILLEMAIN
L’Adversaire

10h15 Judith KOTARSKI 
Ciné-débat
«Poudre aux yeux » 
Documentaire de Matthieu KASSOVITZ

11h15 pause

11h 45
Aurélie MICHAUD & Christine LE JAN
Synthèse générale et conclusion


SFPA




Arguments

Yannick LE JAN  Chemin de vie


« L’homme chemine vers sa maturation » tel est le message d’Adler. Nous le voyons, plus que jamais hommes et femmes désirent s’accomplir dans tous les axes de leur vie. « Etre » et « Avoir » sont ils compatibles ?
La recherche de profondeur, de silence, de vérité permet d’appréhender le monde de façon différente. L’avoir permet une certaine sécurité.
Les deux peuvent être des pièges si l’on n’y prend garde.
Depuis toujours l’homme sait que sa vocation est d’être dans une tension juste entre ciel et terre, entre corps et esprit. K.G DURKHEIM parle de la percée de « l’Être essentiel » dans « l’humain ». Être ce lien nécessite de se mettre à l’écoute de soi, de l’autre, du monde et de la vie, c’est être pleinement présent « corps et esprit » ici et maintenant. Comment vibrer avec l’univers entre réel et imaginaire et retrouver en quelque sorte « l’unité » ?

Virginie MEGGLE  Sentiment d’infériorité et projections : entre réel et imaginaire, malaise dans la situation…

La projection est révélatrice du complexe d’infériorité qu’elle tend à camoufler ou à transformer en son contraire. La lecture et le décodage de nos projections permettent ainsi d’entrer en connexion avec les motivations inconscientes qui président à divers modes compensatoires.
L’imaginaire venant à la rescousse de la réalité pour tenter de combler le manque quand celui-ci se rappelle au sujet telle une blessure insurmontable.

Anne-Marie MORMIN  La fonction de l’écriture chez les sujets traumatisés

Mots-clefs: altérité, Gesellschaft, Gemeinschaftsgefühl, traumatisme, compensation                               
Nous évoquerons ici le traumatisme des sujets déportés. La vie concentrationnaire vidée de tout sens, ne vise qu’à l’humiliation de l’individu ; la faillite du Gemeinschaftsgefühl vient de l’effraction même de celui-ci par l’autre, perverti au lieu même qui le fonde, l’altérité.
« Expérience » déshumanisante, désubjectivante, pour certains, écrire, lorsque l’horreur ne peut se dire. La trace écrite, peut-elle restaurer une position subjective, ramenée au sens de l’existence qui est celui de vivre en commun ?
 La trace écrite permet également la mémoire, comme dépositaire d’une mémoire collective.


Eric BERTHOMME    De la théogonie au Big Bang, Jouir c’est exister


Mots-clefs : Théogonie, Genèse, Jouissance, Hermaphrodisme, Volonté de puissance
L’homme est le centre du cosmos ; à partir de cette position que l’on pourrait qualifier d’égo centration du monde, les mythes fondateurs se conçoivent dès lors, comme des satellites. La quête de matérialité où le rapport au monde et à lego représente une prise en étau [ego/homme, personne/cosmos] et interroge une forme cosmogonique de la jouissance, jouir c’est exister.

Georges ENOS  Bien vieillir c’est s’accomplir dans la jouissance


Il est d’usage de considérer l’existence humaine en termes d’étapes. Ainsi, à une période d’évolution de développement physique, mental, psychoaffectif, succède une phase-palier où l’homme à la force de l’âge, est sensé s’accomplir (si toutefois les conditions sociales le lui permettent), avant de subir les affres, la marque du sablier temporel et d’entrer dans la vieillesse, naufrage existentiel. Combien est perfide la tristement célèbre assertion « On ne peut pas être et avoir été ».
Nous nous efforcerons de déboulonner ces certitudes, ces dangereux clichés, en contredisant la Parole de l’Ecclésiaste : « Il y a un temps pour tout ».
Puisque vivre c’est vieillir, il est possible à toutes les saisons de la vie et ce dans tous les domaines, d’actualiser ses potentialités et de réaliser ses rêves : « Une belle vie et la réalisation dans l’âge mûr est un rêve de jeunesse »A.de Vigny
S’accomplir dans la jouissance n’est pas l’apanage de la jeunesse. Tout individu, à condition d’être habité par un désir, de posséder un réservoir d’énergie vitale suffisant, a la faculté de s’épanouir, « le temps ne faisant rien à l’affaire »Molière.
S’accomplir c’est vivre son authenticité et manifester sa liberté.
 
Bernard GUILLEMAIN  L’adversaire

Mots-clefs : fiction directrice, sentiment d’infériorité/insécurité, Gemeinschaftsgefühl.
A partir d’un fait divers et de sa lecture clinique adlérienne, nous montrerons  comment, partant d’un sentiment d’infériorité exacerbé, se développe, se construit la fiction directrice névrotique et quels en sont les mécanismes.

Judith KOTARSKI  «  Poudre aux yeux »


Documentaire de Matthieu KASSOVITZ sur les SDF (sans domicile fixe).
Comment pouvons-nous évaluer la réussite de notre action, au regard des personnes à la rue, souvent incomprises par les jugements que nous portons sur elles. Quelle est la différence entre l’imaginaire et la réalité des regards du monde ? Comment nous regardent-ils ? Et comment nous les regardons ?


Georges MORMIN  Du sens de l’existence : La vie humaine

Mots-clefs : Cosmos, Gemeinschaftsgefühl, Sens de la vie
L’existence est le tissu constitué à la fois de la présence et non présence d’objets dont le maillage ne tient que par le seul fait d’un agrégat issu de l’un de ses objets.
Cet objet est la vie et l’agrégat en question, la vie humaine.
La vie humaine génère l’homme. L’homme en perpétuel questionnement sur lui-même et sur l’autre de lui-même, interprète la vie et interroge, en interrelation avec le cosmos, la place de la communauté humaine dans la vie et parmi d’autres objets.
L’homme s’évertue à tenter de porter une analyse sur chaque chose, à comprendre chaque chose selon des valeurs qu’il définit comme assurant la pérennité de la communauté humaine comme garant du sens de l’existence. Dés lors vivre devient le moyen d’initier des stratégies de l’existence et instituer la subordination nécessaire à la jouissance humaine : vivre est-ce jouir du sens de l’existence ?

Messaouda MOUROUX Condition de l’homme moderne

La fragilité intrinsèque du sujet mue par son sentiment d’infériorité, le mène, bien souvent à déléguer sa responsabilité, sa capacité de réflexion à autrui, perçu comme plus sûr, plus savant, plus brillant…De fait, si la dialectique incontournable entre soi et l’alter ego participe à la promotion du soi, que devient-elle lorsque autrui se fait défaillant ? Pour compenser sa fragilité physique l’homme a développé tout un arsenal d’outils pour se faciliter la vie. De compensatoire, cette activité créatrice s’est vue transformée en surcompensation effrénée au risque de néantisation de l’individu. Dans le contexte de surabondance matérielle et de délégation décisionnelle installée au fil de l’histoire de la société humaine avec l’avènement de la modernité, qu’est-il advenu du sujet désirant ? Sa quête de sens existentiel tend à trouver pléthore de réponses dans l’économie psychique collective. Ces réponses, ces sollicitations du désir, ces créations de besoins abondamment stimulés donnent et entretiennent l’illusion portée par la volonté de puissance ou être devient surexister.  Nous aurons pour objet de mettre à jour ces mécanismes prenant source et construits en miroir dans les mécanismes intra psychiques où l’accomplissement du sujet se trouve confondu, aliéné à la jouissance.

Chantal OLLIVIER Le traumatisme incestueux ou l’interdit de jouir
Nicolas se débat dans le magma de son existence entre la crudité de la trace d’une histoire référée au traumatisme incestueux et l’impossibilité à intégrer la puissance de vivre son imaginaire. Nous tacherons de porter une compréhension au travers du filtre de sa psychothérapie.


Janine ROY La question du réel dans l’accomplissement du sujet
…Entre objectivité et subjectivité


Mots-clefs : existence, réel, incomplétude, choix, adaptabilité, transformation, dépassement, éthique communautaire.
Afin de traiter de l’accomplissement du sujet, nous ferons référence au philosophe et poète Aristote en reprenant sa formule « Deviens ce que tu es ! » Et, nous argumenterons sur la question du réel à partir du mouvement de la philosophie des lumières, jusqu’à l’existentialisme en évoquant Kant, Auguste Comte, Nietzsche et quelques autres.
Enfin, nous ferons un bref détour en évoquant Ulysse le héros grec de l’Odyssée d’Homère.

Christèle SCHIANCHI-TERAZZI  Le masque entre stigmates et reconstruction


Mots-clefs : Traumatisme, Identité, compensation, pouvoir créateur
Face au traumatisme, l’identité même du sujet est mise à rude épreuve. Certains sujets vont alors prendre la voie de la néantisation, retraite face à la vie, alors que d’autres vont mettre en œuvre toutes leurs capacités créatrices pour s’inscrire dans la vie  et tenter de lui définir un sens au sein de la communauté.
Le masque constitue alors une possible compensation au sein de l’assomption identitaire : celui-ci peut être la trace du traumatisme, encrage dans le corps et le psychisme du trauma, ce que nous nommons stigmate, ou le signe d’une tentative de reconstruction, création originale du sujet  qui vise à  son intégration au sein de la communauté.

Claudine VOISIN De l’identité antillaise

Descendants de colons, qui se sont enrichis en exploitant les terres, à la sueur voire au sang des esclaves puis des immigrés indiens ; descendants d’esclaves, arrachés à leur terre d’Afrique ; descendants des Hindous, venus remplacer la main d’œuvre des esclaves après l’abolition ; mulâtres au sang mêlé constitués des croisements de Blancs et de Noirs, issus de la débauche des colons…Telle se compose la population créole. La complexité de l’identité antillaise provient d’une histoire différente, de situations géographiques différentes, de langues différentes…pourtant, tous se disent antillais. Tant de dissemblances pour une identité commune. L’héritage  naît-il de l’obligation de ce carrefour d’identités culturelles apparemment dissemblables d’y faire ériger une culture, un peuple, une histoire qui fait trace, donne subsistance même à ceux exterminés de l’histoire tel le peuple caraïbe dont la pérennité dans la mémoire collective participe à la construction d’un tel peuple. En quoi se signifier antillais peut-il participer à l’affirmation à une appartenance singulière, un peuple/ une culture métissée.


Fiche d’inscription

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Participation aux frais pédagogiques :
Inscription individuelle non adhérent : 160 €
Inscription individuelle adhérent : 80 €
Etudiant fin de cycle : 30 €
Inscription formation continue : 600 €



Contacts : Anne-Marie MORMIN
 ammormin@hotmail.fr  06 03 58 15 39
Pour la formation continue : M.MOUROUX
mouroux.messaouda@free.fr

04/04/2009
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