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Oedipe et son complexe

« Le complexe d'Oedipe est le corrélat psychique de deux faits biologiques fondamentaux : la longue dépendance infantile de l'être humain et la manière remarquable dont sa vie sexuelle atteint, de la troisième à la cinquième année, un premier point culminant, pour ensuite, après une période d'inhibition, entrer en jeu à nouveau avec la puberté. » Sigmund Freud - Abrégé de psychanalyse, 1938.

 


Psychanalyse : à propos d'Oedipe et du complexe d'Oedipe

 

Les premiers pas des apprentis... sages

 

Le psychanalyste en marge de la psychanalyse... ?

 

Quelques pistes pour qui se heurte à la psychanalyse et qui pourtant l'interroge... ou se sent interrogé par elle...

 

Deux livres de Vladimir Granoff

« Le désir d'analyse" Flammmarion/Aubier

« Filiations, l'avenir du complexe d'Oedipe" Gallimard, Tel

 

 

 

Nous vous en proposons, en lecture ci-dessous, une critique de Michel Schneider, - mise en ligne

par l'hebdomadaire Le Point

 


La chambre des enfants

"Recueillis après sa mort, en 2000, les écrits et lettres de Wladimir Granoff, psychanalyste marginal - il aurait dit que, justement, être psychanalyste, c'est se situer aux marges, en dehors -, méritent un intérêt qui est tout sauf marginal. Les textes et entretiens parlent de l'avenir incertain du complexe d'OEdipe, de la place du culturel et du politique dans le champ de la psychanalyse, du fétichisme ou de la place du temps dans la névrose obsessionnelle. Ils complètent le portrait d'un psychanalyste qui marqua l'histoire du freudisme français.


Disciple de Lacan, Granoff fut l'un des rares à ne pas être passé de l'adulation au reniement. Il sut dès le début faire la part de la haine que suscitait le personnage chez ceux qui admiraient sa pensée. A travers le fin réseau de ses « Filia-tions » (1975), il parcourut les lieux et les noms, les mots et les idées venus de Freud qui sont l'héritage de chaque psychanalyste. Portant toujours l'accent sur l'enfant dans l'analyste, y compris l'enfant Freud, il fit aussi connaître le disciple maudit - l'enfant perdu - de Freud, Sandor Ferenczi, le psychanalyste qui pensait que l'amour était le premier et le dernier mot de la cure. Alors que Freud l'avait inventée, Ferenczi, lui, « était » la psychanalyse. La psychanalyse dans ses échecs, ajoute Granoff, qui nous donne une sorte d'autoportrait secret : « Le doute personnifié, le questionnement poussé à l'extrême limite de ses possibilités, le célébrant mortel de ses erreurs. »


Le désir de l'analyste ? Soigner l'incurable enfant que l'on est toujours, mais soigner aussi les parents. Ferenczi concevait ainsi son impossible métier : « Ce dont les névrosés ont besoin, c'est d'être véritablement adoptés et qu'on les laisse pour la première fois de leur vie goûter le bonheur de vivre dans une chambre d'enfants normale. » Entre patient et analyste, on n'en sort pas. On ne sort pas de la chambre des enfants. Chacun se demande ce qui se passe à côté. La maladie de l'analyse est une maladie qui a des rémissions, mais pas de guérison.


© le point 04/11/04 - N°1677 - Page 120 - 391 mots


 

À propos de « Filiations , L'avenir du complexe d'Œdipe » ces quelques mots de Christian Jeanclaude extraites de son texte "Comment sortir des espiègleries freudiennes"

 


" Je devrais aussi citer Vladimir Granoff qui, dans son ouvrage remarquable Filiations, L'avenir du complexe d'Œdipe, aborde avec force cette histoire d'aliénation du mouvement psychanalytique à Freud."


 

Vous trouverez ce travail, mis en ligne par psy-désir, le trésor des bibliothèques, dans son intégralité

sur psychanalyse en mouvement




Par associations d'idées nous citerons le beau livre de Virginia Woolf au titre si évocateur : "Une chambre à soi"

 

Ainsi qu'une autre parution où l'on voit que la pensée de Lacan n'est pas en ce domaine étrangère à celle d' Alfred Adler

Le complexe du sevrage, In : « Les complexes familiaux dans la formation de l'individu », In Autres Écrits, Seuil, p. 30 à 36. Lacan 

 

Un troisième livre, indispensable pour ceux que les limites d'une certaine orthodoxie rigide et stérilisante tout comme celles de l'intolérance de quelques psychanalystes détenteurs de certitudes et de parti-pris chagrinent - mais qui pourtant pressentent qu'ils ne pourraient se passer de la psychanalyse dans une démarche subjective d'acquisition de la responsabilité...

 

L'homme aux statues, Freud et la faute cachée du père, de Marie Balmary paru Edition Grasset & Fasquelle. (1994)

 

Et dont on peut lire en quatrième de couverture:

 


"(...) Mais en se tournant vers le mythe grec plutôt que vers la transmission biblique de la faute, Freud a-t-il véritablement innocenté le père? Le destin d'Oedipe et la malédiction des Labdacides sont clairement liés, chez les Tragiques, au forfait de Laïos, père d'Oedipe. Et la langue grecque permet de renvoyer le symbolique qui réunit au diabolique qui sépare, le sumptoma du malheur au diaptoma de la faute. Malgré Freud, l'éthique de la psychanalyse peut mener, au lieu d'enfouir la faute, à la porter au jour: "Tout ce qui est manifesté est lumière."

Cette hypothèse de l'Homme aux statues, publiée pour la première fois en 1979, a trouvé confirmation dans l'étrange Bible - "retrouvée" en 1986 - que Jakob Freud a pu cacher l'aveu de sa vie ; une énigme devenue clé pour Marie Balmary dans cette nouvelle édition."


 

et

sur infopsy

que


" Ce livre est le récit d'une expédition archéologique. Il s'agit en effet pour l'auteur d'explorer les fondations de l'édifice psychanalyse, construit par Sigmund Freud il y a un siècle.

La pierre angulaire de la psychanalyse se trouve en Grèce. De la tragédie de Sophocle, Œdipe roi, Freud, on le sait, a tiré son célèbre complexe.

Mais, comme l'ont remarqué plusieurs commentateurs, le même Freud semble avoir négligé qu'Œdipe n'avait inventé ni le meurtre d'un parent ni l'union avec une personne interdite. Voir Sophocle : le premier crime sexuel ne saurait être attribué à Œdipe, et le premier meurtre n'a pas été le fait du fils mais celui du père.

Une étrange négligence qui, jointe à d'autres bizar- reries et à des secrets de famille aujourd'hui accessibles, conduit ici Marie Balmary à tenter de com- prendre pourquoi et comment Freud abandonnera, en 1897, sa première théorie de la séduction pour lui préférer la désormais célèbre théorie des névroses."


 


 

À lire aussi Oedipe dans les Bibliothèques

psy-désir



Et encore, plus récent, le livre de J.-D. Nasio : Oedipe, le concept le plus crucial de la psychanalyse - paru aux Éditions Payot à l'automne 2005.

Vous en trouverez une présentation
ici sur psychanalyse en mouvement off

Ainsi qu'un excellent interview de J.- D. Nasio paru dans les pages du site Mieux-Être "Le complexe d'Oedipe n'est pas une histoire d'amour mais une histoire de sexe!". Et l'article est aussi riche que le titre est éloquent...


Et puis aussi toujours autour du complexe d'Oedipe, dans les pages psychologie du

Monde

cet article paru dans l'édition du 2 février 2005


Les coins d'ombre de la triangulation


Aujourd'hui encore, la théorie œdipienne pose un certain nombre de questions auxquelles seul, peut-être, le Sphinx pourrait apporter réponse. Parmi elles :


Le complexe d'Œdipe est-il universel ?


On en débattait déjà alors que Freud l'ébauchait à peine.



Sa théorie, objectait-on, ne faisait que refléter l'idéologie de la société bourgeoise de la fin du XIXe siècle en Europe, et plus précisément à Vienne. Pour Freud, en revanche, le complexe d'Œdipe était fondateur de tout psychisme humain. Depuis, d'innombrables travaux d'ethnologues et d'anthropologues sont venus soit conforter, soit contredire sa conviction.


A l'appui de la thèse de l'universalité, il faut noter l'apport notable de Claude Lévi-Strauss, qui, dans les années 1940, mit en évidence une loi fondamentale présidant selon lui à toute structure sociale : la prohibition de l'inceste.


Cette "règle des règles", à laquelle aucune société humaine connue ne dérogerait, suppose en effet une claire reconnaissance de la différence des sexes et des générations. Double différence toujours traduite par des rites qui procèdent de mythes - le mythe d'Œdipe pouvant alors être considéré comme l'un d'entre eux, produit par la culture grecque archaïque.


Quoi qu'il en soit, les recherches les plus récentes tendent à montrer que le complexe d'Œdipe, pour s'appliquer à toute société, doit à tout le moins être resitué dans son contexte.


Et la fille, dans tout ça ?


Bien que la psychanalyse soit née, pour l'essentiel, de son travail avec des femmes hystériques, Freud s'est toujours senti plus à l'aise, dans l'élaboration de la problématique œdipienne, avec le petit garçon.


Pour contourner la référence spécifiquement masculine à Œdipe, Jung lui avait d'ailleurs proposé un "complexe d'Electre" propre à la fille. Freud le refusa, affirmant par là même que l'œdipe, de par ses implications structurelles, concernait autant les deux sexes.


La conception de l'œdipe au féminin ne se heurte pas moins à un écueil : le lien premier qui attache tout jeune enfant à sa mère, et qui oblige la fille à se défaire tout d'abord de cet attachement exclusif afin de pouvoir reporter sur son père ses désirs incestueux.


Le débat n'est pas clos. Et ce n'est pas le fait qu'il existe aux yeux des experts deux versants de l'œdipe, l'un prenant pour objet électif le parent de l'autre sexe (œdipe direct) et l'autre le parent de même sexe (œdipe inversé), qui simplifie les choses. Pas plus que le postulat, essentiel en psychanalyse, de la bisexualité psychique de tout être humain.


Quelles étaient les relations de Freud avec sa mère ?


L'inventeur de la psychanalyse se montra fort discret sur son histoire avec Amalia, cette mère chérie qui l'appelait "Mein goldeiner Sigi" ("Mon Sigi en or").


Plus étrange encore, ses successeurs se sont très peu penchés sur cette relation (il en va de même, d'ailleurs, pour Lacan et sa mère). A l'exception notable du psychanalyste français Alain de Mijolla, qui en a rappelé les principaux aspects dans un livre récent (Freud, fragments d'une histoire, PUF, 2003), et, surtout, de la psychanalyste américaine Deborah Margolis, qui a consacré un livre entier à ce sujet (Freud and his Mother, 1996). Une des thèses défendues dans son ouvrage étant qu'Amalia était très fière de son fils et qu'elle projetait sur lui un investissement narcissique puissant.


Revers de la médaille : Freud aurait totalement refoulé l'agressivité qu'il pouvait ressentir à l'égard de sa mère, et achoppé, toute sa vie durant, sur l'analyse approfondie de sa relation avec elle.


Catherine Vincent


Pour en savoir plus


Le Complexe d'Œdipe, de Roger Perron et Michèle Perron-Borelli. Collection "Que sais-je ?", PUF, 1994.


Quand la famille s'emmêle, de Serge Hefez. Ed. Hachette Littératures, 2004, 310 p., 19,50 €.


L'Œdipe, Journal de la psychanalyse de l'enfant n° 24. Ed. Bayard, 1999, 250 p., 25,90 €.


 

Et encore, dans le même journal, l'article qui suit, bien que l'ouvrage cité ne nous semble pas, en dépit de son succès, d'un apport essentiel ...

 

Aux sources d'Œdipe  

Article paru dans le Monde du 2 février 2005

 




Pour les spécialistes, la découverte centrale de Freud garde toute sa pertinence et a contribué à modifier les relations entre parents et enfants.


Avec un livre dans lequel il conte quelques-unes de ses consultations, le professeur de pédopsychiatrie Marcel Rufo est devenu célèbre. Publié en 2000 aux éditions Anne Carrière, réédité au Livre de Poche, son succès ne se dément pas. Et son titre, Œdipe toi-même !, y est sans doute pour beaucoup.


Un titre complice, malicieux. Un titre qui en dit long, surtout, sur l'appropriation par le langage courant de ce fameux "complexe d'Œdipe", sur lequel Freud, il y a tout juste un siècle, commençait de bâtir la psychanalyse.


Vienne, 15 octobre 1897 : "J'ai trouvé en moi comme partout ailleurs des sentiments d'amour envers ma mère et de jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je pense, communs à tous les jeunes enfants", écrit le jeune médecin à son ami Wilhelm Fliess. Si les modernes sont aussi émus par Œdipe roi que les contemporains de Sophocle, "il faut qu'il y ait en nous, poursuit-il, une voix qui nous fasse reconnaître la puissance contraignante de la destinée d'Œdipe" (L'Interprétation des rêves, 1900). "Il se peut que nous ayons tous senti à l'égard de notre mère notre première impulsion sexuelle, à l'égard de notre père notre première haine ; nos rêves en témoignent (...). Le poète, en dévoilant la faute d'Œdipe, nous oblige à regarder en nous-mêmes."


Scandale dans la Vienne bourgeoise de ce début de siècle ! Mais Freud n'a que faire du mythe de pureté originelle de l'enfance. Il ne lâche plus son concept, qu'il décrira explicitement en 1923 : "De plus en plus, le complexe d'Œdipe dévoile son importance comme phénomène central de la période sexuelle de la première enfance. Puis il disparaît ; il succombe au refoulement (...), et le temps de latence lui succède". Exclu de la relation fusionnelle qui le liait à sa mère par le père - tiers séparateur symbolique -, le petit garçon, vers 6-7 ans, peut enfin commencer à s'intéresser à autre chose, notamment aux connaissances intellectuelles. A l'adolescence se produit toutefois une réactivation de ce sentiment amoureux originel, accompagnée - lorsque tout va bien - d'un déplacement sur une personne de sa génération. D'où la distance, non dénuée d'ambivalence, que met alors l'enfant avec ses parents, notamment avec celui de sexe opposé.


Voilà pour les grandes lignes... Mais Freud va bien au-delà de ce postulat de base. En instituant le complexe d'Œdipe (le terme "complexe" devant être compris dans son sens littéral : une association de plusieurs phénomènes concourant à une dynamique psychique) comme "complexe nucléaire des névroses", en le situant au cœur du fonctionnement humain, il en fait le drame organisateur de la vie psychique. La structuration œdipienne, affirme-t-il, procède de la mise en jeu d'une double différence : la différence des sexes et celle des générations, l'une et l'autre constitutives, en toute culture, d'un ordre symbolique. De là découleront le complexe de castration, les stades d'organisation de la libido, le Ça, le Moi, le Surmoi..., autant d'éléments essentiels de la théorie freudienne.


Un siècle plus tard, comment a vieilli cette découverte centrale ? Loin d'être dépassée, elle constitue toujours, pour les psychanalystes, le noyau dur de leur théorie et de leur pratique.


Freudiens, lacaniens, kleiniens, quelle que soit leur école, tous continuent de l'affirmer : résoudre son complexe d'Œdipe, c'est dépasser ce conflit originel pour accéder à son autonomie. Et tous le vérifient dans l'intimité de leurs consultations : un œdipe mal résolu produit un adulte peu autonomisé, dont les difficultés de séparation psychique se traduiront par divers symptômes allant des troubles des conduites alimentaires à la toxicomanie, en passant par des troubles relationnels de toutes sortes.


Un constat que ne renient pas, pour la plupart, les psychothérapeutes exerçant dans un champ théorique autre que purement psychanalytique. Même s'ils y apportent quelques bémols.


"Autant j'adhère à la problématique œdipienne en ce qui concerne la différence des générations, autant la normalisation de la différence des sexes établie par Freud ne me semble plus d'actualité", souligne ainsi Serge Hefez, psychiatre, psychanalyste et thérapeute familial.


Du fait de l'égalisation des rôles entre les hommes et les femmes, notamment autour du nourrissage et des soins corporels donnés aux enfants, on ne peut plus, estime-t-il, considérer que la dyade fusionnelle se fait uniquement avec la mère, ni que le tiers séparateur est uniquement le père. D'autant moins que les familles ont pris désormais des configurations diverses, auxquelles la triangulation œdipienne a bien été forcée de s'adapter.


Il n'empêche : un siècle après son élaboration, le complexe d'Œdipe, pour les psys de tous bords, n'a rien perdu de sa force théorique. Ce n'est donc pas un hasard si cette pièce maîtresse de la psyché humaine est aussi devenue l'une des plus connues du grand public. Au point d'avoir modifié, en profondeur, le regard que parents et enfants portent les uns sur les autres.


Tous les pédopsychiatres le soulignent en effet : si l'on investit tellement les enfants de nos jours, si l'on tient compte de leur avis comme jamais depuis que le monde est monde, la théorie freudienne sur la sexualité infantile y est pour quelque chose.


"Le fait de savoir qu'il y a dès le plus jeune âge une attente affective vis-à-vis des parents a fait faire beaucoup de progrès au respect de l'enfant, affirme Marcel Rufo. En ayant des sentiments, celui-ci cesse d'être sujet ; ce n'est plus un enfant qu'on éduque, mais un enfant qu'on comprend."


La diffusion de ce concept a sans doute également contribué à modifier l'attachement que chacun de nous ressent pour ses parents - après tout, avoir vécu avec eux une telle histoire dans sa prime enfance, fût-ce en fantasmes, cela crée des liens ! - et, plus généralement, le regard qu'il porte sur les membres de sa famille.


"Au fond, l'acceptation de l'œdipe a contribué à changer le rapport à la sexualité pour toutes les générations, à aborder le sujet plus facilement et à le dédramatiser", estime le sociologue Vincent de Gaulejac (université Paris-VII - Denis-Diderot), animateur d'un groupe de recherche autour du thème "Roman familial et trajectoire sociale". Ainsi est-il devenu banal, pour un pédopsychiatre, d'entendre un préadolescent dire à sa mère : "Arrête ton œdipe !" Sans toujours savoir pour autant ce que cela signifie.


Car si le personnage de la mythologie grecque revisité par la psychanalyse nous est aujourd'hui familier, l'image que l'on se fait de son fameux "complexe" n'a souvent qu'un rapport lointain avec sa réalité théorique.


On voit volontiers l'œdipe comme une relation binaire, alors qu'il s'agit avant tout d'une triangulation. On s'imagine avoir tout compris de nos désirs incestueux, en oubliant qu'ils concernent une organisation fantasmatique pour l'essentiel inconsciente. On s'attendrit d'entendre un petit garçon déclarer : "Quand je serai grand, je me marierai avec maman", en omettant de se souvenir qu'il rêve plus crûment de coucher avec elle et de tuer son père...


Et si, au fond, le mythe d'Œdipe dérangeait toujours autant ? Si la violence, la brutalité du conflit œdipien tel que le décrit Freud restait inadmissible ? Et plus encore, comme le souligne Serge Hefez, "dans notre société actuelle, qui a tendance à gommer les conflits entre enfants et parents et à cultiver un idéal de bonheur familial où les sentiments négatifs n'ont pas lieu d'être" ?


"Ce qui me frappe dans les séminaires que j'anime sur le roman familial, renchérit Vincent de Gaulejac, c'est de voir combien chacun peut continuer de s'aveugler par rapport à son propre complexe d'Œdipe, même après des années d'études, et même parfois après une formation de psychothérapeute... Ce n'est pas parce que ce concept a imprégné la culture qu'il n'opère plus au niveau inconscient !" Dans cette histoire, la tentation du refoulé n'est jamais loin. La preuve : qui connaît autour de soi un petit garçon qui s'appelle Œdipe ?


Catherine Vincent





À propos d'Oedipe, on peut se rendre aussi sur le site de l'Université populaire de Caen de Michel Onfray, où parmi d'autres contributions fort intéressantes, il est possible de télécharger :

Le complexe d'Oedipe est-il toujours d'actualité?

séminaire proposé dans le cadre de l'Universté Populaire de Caen par Jean-Luc Gandon, le 12 mars 2005.

Et enfin, sur psychanalyse en mouvement, on peut se rendre sur

Propos Psy Complexe d'Oedipe


ou sur

Quelles sont les preuves de l'existence du complexe d'Oedipe


où l'on peut trouver une réponse à une question qui nous avait été posée .




Revue de presse



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